Quand Hôpital rime avec Mouroir
Le Congo occupe une place de choix dans le hit parade de fabrication de cadavres. La moyenne au CHU est de vingt morts par jour. Preuve irréfutable de l’échec de sa Nouvelle Espérance dont le sixième engagement prévoit l’accès de tous aux soins de santé, à l’eau, à l’électricité…« Si vous n’avez pas vu votre parent dans la chambre où il est admis c’est qu’il est mort. » C’est la phrase reprise en chœur par les agents du CHU. Les toilettes sont bouchées si leurs installations ne sont pas trouées. Les urines et matières fécales sont parfois aspergées dans les couloirs, sur les escaliers où L’hygiène est totalement absente. Dans tous les bâtiments à niveaux, les ascenseurs sont en panne. Les parents des malades déboursent 1000 francs CFA par étage afin que le malade soit transporté au dos. Les toitures sont dégradées. La peinture lézardée, les murs fissurés. Cet établissement de santé s’est transformé en un repère de brigands. Le spectacle est aussi bien révoltant qu’insoutenable. Les milliards promis par le président de la République ne sont jamais arrivés s’ils n’ont pris la direction de la poche du directeur général. Rien n’a changé. Les malades et leurs gardes passent souvent les nuits dans l’obscurité. Le service de réanimation manque à chaque fois d’oxygène. Les squelettes de fer servant de lit n’ont pas de mousse. L’hôpital devient un établissement commercial. Les agents sont plus encouragés dans la vente des yaourts, jus, gâteaux et médicaments volés chez les malades ou détournés des dons des ONG et partenaires. Pour prendre la température, il faut payer. Plus grave, il n’est pas rare que quelqu’un meurt parce qu’il manque de paracétamol. A la maternité, plusieurs femmes avec leurs nouveau-nés partagent parfois un même lit. Chose incroyable alors que le CHU fait entrer d’énormes sommes d’argent par jour.
Marlène Samba


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